La GOANA vise principalement une importante augmentation de production des cultures céréalières et vivrières. La croissance la plus importante concerne les cultures destinées à l’autoconsommation, notamment le fonio, le niébé et le mil.
Ces cultures pluviales nécessitent un accroissement important des superficies cultivées.
En termes de tonnage, les produits à plus fort objectif de croissance de production sont le manioc et le maïs, tous les deux ayant un potentiel pour la consommation humaine mais également un marché au niveau de l’agro-industrie pour la fabrication des aliments pour les animaux et pour la production de l’amidon.
Au niveau des cultures industrielles, le sésame est ciblé comme ayant le plus fort potentiel de croissance, principalement pour les marchés de transformation et à l’exportation.
Le Sénégal a également l’ambition de développer sa propre production de blé, aujourd’hui cultivé sur des superficies expérimentales mais avec des résultats prometteurs au niveau des rendements obtenus.
Interpétration des données:
Le total des terres cultivables utilisées pour les cultures pluviales a baissé au cours des 5 dernières années pour se situer à près de 1,9 millions d’hectares soit 600 000 ha de moins qu’en 2002. Ce recul est attribuable en partie à des emblavements moins importants en arachide et à une baisse de la pluviométrie au cours des dernières campagnes.
Les superficies irrigables disponibles sont indicatives prenant principalement en compte le potentiel en eau de surface mobilisable dans le court terme (Vallée du Fleuve Sénégal, Bassin de l’Anambé, etc.) et en eau souterraine pour les Niayes.
La rubrique « Occupation des terres irrigables » comptabilise les superficies déjà occupées et exploitées dans les Niayes et dans d’autres régions.
- L’analyse du potentiel de développement des superficies irrigables ne tient pas compte du potentiel en eau d’irrigation en provenance de la nappe souterraine du Maestrichtien dans un secteur à potentiel intéressant tel qu’il a été identifié par des études menées par la DGPRE en 2001
- Potentiel d`extension des terres pour l’agriculture pluviale
- La mise en oeuvre de la GOANA prévoit la mise en valeur de la quasi totalité des surfaces cultivables déjà identifiées.
- La LOASP a établi que tous les nouveaux défrichements sont assujettis au respect des dispositions du Code forestier avec un minimum de 20 arbres à l`ha à maintenir.
- La conversion de zones de pâturages est envisageable à une échelle et selon des modalités à déterminer avec la Communauté Rurale concernée.
- Le défrichement des forêts classées est interdit.
Potentiel d`extension des terres pour l’agriculture irriguée
Le Fleuve Sénégal présente le plus grand potentiel d’expansion des surfaces irriguées. Avec un débit moyen de l`ordre de 750 m3/s, qui peut fortement varier d`une année à l`autre, le potentiel théorique est de 375 000 ha dont 200 à 240 000 ha au Sénégal. Seulement la moitié est actuellement aménagée.
- Les fleuves et rivières du Sud du pays ont un potentiel important (estimé par l’OMVG à 65 000 ha, Fleuve Casamance à 20 000 ha) mais qui, pour être exploité, nécessitera des aménagements hydro-agricoles encore à réaliser.
- Le développement des nouvelles superficies pour l’agriculture irriguée en utilisant les eaux souterraines est envisageable sous certaines conditions et avec des potentialités plus importantes au fur et à mesure que l`on se déplace vers le Sud du pays (voir aussi la section suivante).
Disponibilité de terres pour l’irrigation - réhabilitation vs nouveaux aménagements
La forte motivation des producteurs à participer à la GOANA provoque dans la Vallée du Fleuve Sénégal une demande soutenue pour des terres déjà aménagées mais qui devront être réhabilitées avant leur mise en culture.
La demande pour des terres à réhabiliter est forte en raison du coût beaucoup plus bas de leur remise en valeur que celui d’aménagements nouveaux. La priorité a été donnée dans de nombreux cas aux populations du terroir pour ces réaffectations.
Les nouveaux aménagements à prévoir devront toujours être réalisés en conformité avec les schémas d`aménagement de la Vallée et être validés par la SAED.
La Charte du Domaine Irrigué a été établie pour aider à mieux gérer le potentiel d`irrigation du Fleuve. La SAED a chiffré ce potentiel à 138 337 ha dont 84 735 ha pour la riziculture et 53 602 ha pour les cultures autres.
Toutes les nouvelles exploitations devront obtenir de la SAED une autorisation de mise en valeur.
Situation des terres au niveau du Lac de Guiers
Le Lac de Guiers fait partie du système hydraulique alimenté par le Fleuve Sénégal. Son potentiel exact en termes d’aménagement agricole reste à valider (une étude sur le potentiel et un schéma directeur d’aménagement seront réalisés par le PDMAS en 2008) mais le chiffre de 100 000 ha est souvent avancé. Les taux d’occupation et les superficies actuellement exploitées restent difficiles à estimer.
L’occupation des terres et l’utilisation de l’eau se font de manière
spontanée sans aménagements structurés et sans un cadre de bonnes pratiques d’usage de terres et d’irrigation. Le risque de pollution des eaux du Lac par les produits chimiques liés à l’agriculture est réel.
Le développement futur de la zone du Lac de Guiers nécessitera ainsi un cadre beaucoup plus structuré et l’application de pratiques agricoles et de techniques d’irrigation maîtrisées (goutte à goutte et micro aspersion). Le facteur critique restant le fait que le Lac de Guiers est considéré comme une réserve d’eau potable indispensable pour la ville de Dakar dans les années à venir.
Pour atteindre les objectifs en termes de tonnage pour l’ensemble des cultures visées les superficies cultivées devront être augmentées et intensifiées.
Cette augmentation nécessitera des investissements structurants importants de la part de l’État mais également présentera des opportunités intéressantes pour des investisseurs privés en termes de travaux et de fourniture de matériels, d’équipements et de services aux producteurs et aux transformateurs. |